Il faisait jour soudain
2024
Pensées en série et travaillées simultanément, les peintures de Mahaut Rey créent une fiction qui se déploie dans l’espace d’Ojalá. À la manière des cycles peints du Moyen-Âge, l’œil du visiteur circule de scènes en scènes, construit son propre récit que traversent souvent les mêmes personnages. Une figure de dos dont les yeux bleus et brillants nous appellent, une femme intrigante vêtue de rose, une lionne à l’air sage, un archer, des lutteurs, une cavalière lumineuse, nous attendent.
Dans ces univers, même les éléments architecturés et naturels semblent avoir un rôle à jouer, à la manière de réceptacles symboliques des émotions des personnages peints. Suspendues dans des paysages virtuels, où le soleil semble se coucher indéfiniment, ces figures tutélaires paraissent saisies à l’orée d’un choix crucial. On pressent dans la tension de leurs corps et de leurs gestes la volonté de redéfinir les schémas relationnels existant entre elles. Dans ces mondes, que l’abstraction fait hésiter entre des décors médiévaux et paysages digitaux, ce travail pictural résonne chez celleux qui l'appréhendent comme une quête émotionnelle et symbolique à résoudre.
Tout se dessine et se mesure dans les gestes tendres qu’iels partagent, les regards soutenus qu’iels se (ou nous) lancent, les espaces qui se creusent entre leurs corps. En réalité, les visiteur·ses construisent leurs propres récits autour des raisons qui semblent faire que les êtres peints s’attirent ou se déchirent. Quelques supports d’imaginaire, des indices, s’offrent toutefois à elleux : au cœur de l’exposition, un socle blanc s’impose, d’où sont divulgués des poèmes créés par Mahaut. Ceux-ci en émanent dès lors que l’on appuie sur l’un des deux boutons métalliques : celui de gauche délivre sur un papier fin le début d’une histoire et celui de droite en dévoile la fin.
Générés automatiquement selon un algorithme mis en place par l’artiste, ils se composent tous de la même structure syntaxique, mais les personnages qu’ils convoquent changent et les actions qui les relient évoluent sans cesse. Comme dans un jeu vidéo où un même avatar peut avoir plusieurs vies qui recommencent, plusieurs identités dont les trajets bifurquent, les poèmes créent une infinité de déroulés possibles au sein d’une même histoire que l’on peut retrouver et lire dans les tableaux. Ils finissent d’ouvrir tout à fait les champs relationnels possibles entre les figures, qu’ils symbolisent et qu’ils animent tout à la fois.
Cette ambivalence des personnages, qui oscillent entre représentations archétypales et existences potentielles, intéresse particulièrement Mahaut qui cristallise cette tension dans sa touche. Représentant des chaires luminescentes, parfois tout en rondeurs et d’autres justes esquissées, elle dépeint un monde qui se déshumanise face à la croissance du virtuel. Mahaut cherche à restituer une corporéité aux individus et au sein de leurs échanges et à réveiller la conscience des sensualités qui s’y jouent. Faire jour, soudain.
Pensées en série et travaillées simultanément, les peintures de Mahaut Rey créent une fiction qui se déploie dans l’espace d’Ojalá. À la manière des cycles peints du Moyen-Âge, l’œil du visiteur circule de scènes en scènes, construit son propre récit que traversent souvent les mêmes personnages. Une figure de dos dont les yeux bleus et brillants nous appellent, une femme intrigante vêtue de rose, une lionne à l’air sage, un archer, des lutteurs, une cavalière lumineuse, nous attendent.
Dans ces univers, même les éléments architecturés et naturels semblent avoir un rôle à jouer, à la manière de réceptacles symboliques des émotions des personnages peints. Suspendues dans des paysages virtuels, où le soleil semble se coucher indéfiniment, ces figures tutélaires paraissent saisies à l’orée d’un choix crucial. On pressent dans la tension de leurs corps et de leurs gestes la volonté de redéfinir les schémas relationnels existant entre elles. Dans ces mondes, que l’abstraction fait hésiter entre des décors médiévaux et paysages digitaux, ce travail pictural résonne chez celleux qui l'appréhendent comme une quête émotionnelle et symbolique à résoudre.
Tout se dessine et se mesure dans les gestes tendres qu’iels partagent, les regards soutenus qu’iels se (ou nous) lancent, les espaces qui se creusent entre leurs corps. En réalité, les visiteur·ses construisent leurs propres récits autour des raisons qui semblent faire que les êtres peints s’attirent ou se déchirent. Quelques supports d’imaginaire, des indices, s’offrent toutefois à elleux : au cœur de l’exposition, un socle blanc s’impose, d’où sont divulgués des poèmes créés par Mahaut. Ceux-ci en émanent dès lors que l’on appuie sur l’un des deux boutons métalliques : celui de gauche délivre sur un papier fin le début d’une histoire et celui de droite en dévoile la fin.
Générés automatiquement selon un algorithme mis en place par l’artiste, ils se composent tous de la même structure syntaxique, mais les personnages qu’ils convoquent changent et les actions qui les relient évoluent sans cesse. Comme dans un jeu vidéo où un même avatar peut avoir plusieurs vies qui recommencent, plusieurs identités dont les trajets bifurquent, les poèmes créent une infinité de déroulés possibles au sein d’une même histoire que l’on peut retrouver et lire dans les tableaux. Ils finissent d’ouvrir tout à fait les champs relationnels possibles entre les figures, qu’ils symbolisent et qu’ils animent tout à la fois.
Cette ambivalence des personnages, qui oscillent entre représentations archétypales et existences potentielles, intéresse particulièrement Mahaut qui cristallise cette tension dans sa touche. Représentant des chaires luminescentes, parfois tout en rondeurs et d’autres justes esquissées, elle dépeint un monde qui se déshumanise face à la croissance du virtuel. Mahaut cherche à restituer une corporéité aux individus et au sein de leurs échanges et à réveiller la conscience des sensualités qui s’y jouent. Faire jour, soudain.