Un monde à moi

Mahaut Rey

2026

Un monde de grosse lesbienne un monde à moi 

Un monde qui m'envahit qui me prend m'embrasse de force veut me baiser mais putain laissez moi ! Je veux pas vous baiser, je veux pas me perdre sous vos mains, mais putain n'abusez pas de moi c'est pas croyable ! 

Un monde qui m'attrape par le col, putride, il pue, il pue de la gueule, cette odeur de vieux qui pue, de vieux trop méchant, qui a accumulé toute sa vie des couches et des couches de méchanceté, toujours la dose exacte qui le garde et en vie et dans le groupe, même plus que ça, la dose exacte plutôt qui garde le groupe sous emprise. 

J’ai envie de le repousser violemment, peut être avec mes mains, la force de mes bras ou peut être carrément avec une bombe que je lui fous dessus, que je lui balance à la gueule lui et tous les comme lui, que la méchanceté a fait puer, puer du bec, ces mecs qui me dégoûtent et que je mettrais bien aux enfers si les prêtres c'étant des gens comme moi, c'est à dire des grosses lesbiennes super masc.

En plus ces gros cons ils se croient obligés de dire qu’on écrit plus de littérature et que l'auto fiction ça va bien deux minutes, ces gros cons qui ont jamais écrit une ligne, ni peint un putain de tableau d'ailleurs, ils pensent qu'il y a d'autres histoires que les histoires de baise des pédés et des grosses lesbiennes, c'est vrai quoi, vous pourriez raconter autre chose, ils prefereraient tintin à nos histoires, ils prefereraient leurs histoires de merde bien cheap mais dans lesquelles ils se sucent bien la bite entre eux et dans lesquelles ils ont toujours le beau role, même quand c'est des grosses merdes. Mais oui écrivez nous un peu des histoires au masculin, des histoires entre mecs où on s'ennuie pas autant que dans vos histoires de pédés là, ça nous ennuie.

Ils nous font chier, ils nous empêchent, au fond ils voudraient bien qu'on se taise, mais ils savent pas comment nous le dire. Ça serait surtout gênant parce qu’on risquerait d'encore plus parler et ça deviendrait compliqué.

Mais voilà donc ils disent quoi, que les prêtres c'est pas vous, que dieu même s'il existe plus ba c'est quand même un mec, que faudrait pas non plus renverser tout ni faire n'importe quoi, ça n'aurait aucun sens et juste on dit ça en passant mais vous nous dégoûtez un peu, vous incarnez pas la même chose, vous êtes une version dérivée, quoique vous disiez, fassiez, on fera en sorte de vous le rappeler quand même, vous les pédés, les prolos, les handicapés vous etes une version dégénérée de nous. 

Mais moi j'ai pas envie de crever dans leur monde, je suis trop sensible, mon âme d'enfant elle est trop fragile, elle prend tout bien trop fort pour être dans un univers pareil, elle va finir par se jeter par la fenêtre si j'y reste, elle pourra plus supporter, et puis même si elle sait qu'elle a raison, qu'elle est la lumière, la joie, la raison, elle pleure quand même, elle aime pas ne pas être aimée, elle supporte pas, ou plus, donc s'il vous plait laissez la tranquille, illuminer le monde, lasser la éclairer le monde.

Mon dieu c'est une petite fille de 8 ans ou une grosse lesbienne comme moi, c'est le genre de dieux que je prie, et rien entre les deux, rien d'autre